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Le Mémorial de Bernburg a été érigé dans une aile de l’établissement provincial de soin et de santé de la ville de Bernburg. Ce lieu fait partie des six installations du programme d’euthanasie dit T4 en référence à l’adresse berlinoise du bureau de coordination du programme en allemand, Tiergartenstrasse 4, mis en place par les Nazis durant la Seconde Guerre mondiale et qui se déroula du 21 novembre 1940 au 30 juillet 1943.

Cependant avant cela et dès 1933, les malades, adultes et enfants, qui fréquentaient l’établissement soit à cause d’un handicap physique ou d’une maladie ou déficience mentale furent stérilisés de force par les médecins.

A l’été et à l’automne 1940 Viktor Brack faisant partie de la chancellerie du Führer se rendit à l’hôpital psychiatrique de Bernburg. Il était alors à la recherche d’un nouveau centre pour l’opération T4 dans la région du Brandenburg. Un complexe fermé nommé « sanatorium » fut créé afin de devenir un centre de gazage des victimes. Les victimes en question étaient la plupart du temps des adultes et enfants handicapés ou déficients mentaux. C’est en octobre 1940 que la chambre à gaz, pièce de 14 m2 fut bâtie par des ouvriers. Les personnes qui étaient tuées dans cette chambre à gaz venaient au moins de 33 centres psychiatriques ou de soin. La plupart des victimes venaient de Saxe, du Brandenburg et de la région de Braunschweig et plus précisément des villes d’Altscherbitz, Görden, Jerichov, Königslutter, Neuruppin, Teupitz et Uchtspringe. Des convois de malades arrivaient aussi d’Eberswalde, Meseritz, Neustadt/Holstein, Sachsenberg bei Schwerin, Schleswig-Stadtfeld et Treptov.

Le transport des victimes de l’établissement d’euthanasie de Bernburg se réalisa en bus dont le trajet se terminait dans un grand garage en bois sur le territoire de l’hôpital psychiatrique. De là, les détenus devaient se rendre au rez-de-chaussée du bâtiment en empruntant un long couloir fermé, devaient se déshabiller et laisser leurs effets personnels. S’ensuivait une rapide auscultation par un médecin qui mentionnerait plus tard une cause de mort victime sur l’acte de décès. Du personnel hospitalier emmenaient les futures victimes par groupe de 60 à 75 personnes dans la chambre à gaz donnant le prétexte de leur faire prendre une douche désinfectante. Du monoxyde de carbone s’échappait alors durant 3 à 5 minutes jusqu’à ce qu’il y assez de gaz pour les victimes meurent au bout d’environ 20 minutes. La chambre à gaz demeurait fermée durant une heure environ jusqu’à ce qu’une bouche d’aération n’aspire le gaz mortel. Puis, les corps étaient immédiatement incinérés dans le crématorium prévu à cet effet. Afin qu’il n’y ait pas de question ou de poursuite concernant la cause de la mort des patients par les familles, les médecins et les infirmiers signaient tous les documents sous une fausse identité. On estime qu’environ 10 000 malades mentaux et handicapés furent assassinés à Bernburg mais certaines sources mentionnent 14 000 victimes.

A partir de 1941 et ce jusqu’à 1943, Bernburg fut un des centres hébergeant l’action dite 14f13 qui prévoyaient la mise à mort de détenus venant de camps de concentration. Les victimes – des Juifs, des Tsiganes, asociaux – furent gazées à partir de l’automne 1941. L’action atteint son paroxysme au début de l’année 1942. Contrairement aux malades mentaux, c’était là la SS qui acheminait les futures victimes en train jusqu’à la gare de Güsten puis qui les transportait en camions jusqu’à Bernburg. On estime qu’environ 5000 femmes et hommes issus des camps de Buchenwald, Flossenbürg, Gross-Rosen, Neuengamme, Ravensbrück et Sachsenhausen périrent à Bernburg.